Afrique : d’une préoccupation nationale à un plan national
Les relations de l’Iran avec l’Afrique se heurtent à un déficit de connaissances, tandis que les responsables cherchent à passer d’initiatives fragmentées à une stratégie coordonnée.
Une analyse de l’IRNA estime que la connaissance limitée de l’Afrique, plutôt qu’un manque d’opportunités, constitue le principal obstacle à l’élargissement des relations entre l’Iran et l’Afrique. Elle affirme que les conférences récentes, les échanges officiels et les initiatives provinciales témoignent d’une évolution vers une approche stratégique, mais appelle à l’élaboration d’un plan national doté d’objectifs, de responsabilités, de financements, d’un calendrier et de mécanismes d’évaluation clairs. L’analyse préconise également d’investir dans les infrastructures physiques et institutionnelles et de passer du commerce de marchandises aux transferts de technologie, aux investissements conjoints et aux projets créateurs de valeur partagée.
TÉHÉRAN — Selon une analyse publiée par l’IRNA, le principal obstacle à l’élargissement des relations de l’Iran avec l’Afrique ne réside peut-être pas dans un manque de capacités, mais dans un manque de connaissances.
L’Afrique est souvent considérée comme un marché unique, alors que le continent compte 54 pays dotés d’économies, de systèmes juridiques, d’avantages comparatifs et de besoins de développement différents. L’analyse estime que cette compréhension limitée peut conduire à des décisions fondées sur des hypothèses générales, des informations incomplètes ou une expérience restreinte, faisant passer à côté d’opportunités potentielles de coopération.
Lors d’une récente réunion du Quartier général pour l’Afrique, le premier vice-président iranien a déclaré que le développement de la coopération avec les pays africains devait devenir une préoccupation nationale. L’analyse décrit cette déclaration comme allant au-delà d’un appel à une attention accrue, estimant qu’elle définit une orientation pour la gouvernance et l’élaboration des politiques publiques.
Elle s’interroge toutefois sur le fait de savoir si l’Afrique est déjà devenue une véritable priorité nationale en Iran. Une préoccupation nationale, soutient-elle, nécessiterait que les organes exécutifs, le secteur privé, les universités, les centres de recherche, les organisations médiatiques et les institutions financières poursuivent cet objectif comme une priorité commune. Malgré des évolutions positives ces dernières années, l’analyse affirme qu’un écart important subsiste entre le potentiel de l’Afrique et le niveau d’attention concrète accordé au continent.
Parmi les évolutions citées figurent l’organisation de trois conférences Iran-Afrique, la réactivation du Quartier général pour l’Afrique, l’augmentation du nombre de délégations politiques et économiques, des commissions conjointes plus actives et des réunions spécialisées au niveau provincial, dont une réunion consacrée à la coopération économique entre la province de Yazd et l’Afrique.
L’analyse estime que ces évolutions témoignent d’un passage d’une approche à court terme à une perspective plus stratégique. Elle ajoute toutefois qu’une préoccupation nationale ne peut être créée par un slogan ou par la seule adoption d’un document. Elle nécessite une compréhension partagée entre les principaux acteurs du pays.
L’étape suivante, soutient-elle, consiste à transformer la préoccupation affichée en un plan national. Un tel plan nécessiterait des objectifs clairs, une répartition des responsabilités entre les institutions, un calendrier, des financements, des indicateurs de performance et un mécanisme de suivi continu.
L’instruction du premier vice-président visant à élaborer une stratégie de développement des relations avec l’Afrique et à créer des groupes de travail spécialisés au sein du Quartier général pour l’Afrique est présentée comme une occasion de passer d’initiatives dispersées à une feuille de route coordonnée. L’analyse souligne néanmoins que la réussite de toute stratégie dépendra davantage de la qualité de sa mise en œuvre que de la formulation du document lui-même.
Elle appelle également à accorder davantage d’attention aux infrastructures nécessaires à la coopération. Outre les transports, le transport maritime, les services bancaires, l’assurance et la logistique, elle considère les infrastructures « immatérielles » comme essentielles, notamment les connaissances spécialisées, les études de marché, la formation des opérateurs économiques, le personnel qualifié, la conception de projets conjoints, l’identification de partenaires commerciaux et l’analyse des chaînes de valeur.
L’analyse soutient en outre que l’Iran devrait aller au-delà d’une approche limitée au commerce. De nombreux pays africains, affirme-t-elle, ont besoin de transferts de technologie, de formation, de services techniques et d’ingénierie, d’investissements conjoints, du développement d’industries de transformation, d’une coopération fondée sur les connaissances et de projets communs. Ces domaines pourraient mettre en relation les capacités iraniennes avec les besoins concrets des pays africains et faire évoluer la coopération de l’échange de marchandises vers la création de valeur partagée.
Elle ajoute que la responsabilité du développement des relations avec l’Afrique ne peut incomber à une seule institution. Le ministère des Affaires étrangères peut coordonner et faciliter les démarches, mais les progrès nécessiteraient également la participation des ministères économiques, des organisations de développement, des chambres de commerce, des universités, des centres de recherche, des parcs scientifiques et technologiques, des entreprises fondées sur les connaissances, des organisations médiatiques et des provinces disposant de capacités pertinentes.
L’analyse conclut que la connaissance peut créer une préoccupation, que la préoccupation peut susciter une détermination collective et que cette détermination peut se transformer en plan national. Elle estime que l’Afrique n’est peut-être pas encore devenue une préoccupation nationale en Iran, mais que la question a été explicitement soulevée au plus haut niveau de la prise de décision. Transformer cette attention en une coopération durable dépendra, selon elle, d’une connaissance plus approfondie, d’une large participation, d’une répartition claire des responsabilités et d’une mise en œuvre constante.








